Malgré une année 2020 difficile, l’entrepreneuriat africain a su rebondir. En 2021, 681 levées de fonds générées par 640 start-up ont rapporté un total de 4,6 milliards d’euros. Soit plus que le montant total collecté au cours de ces quatre dernières années combinées.
Ces chiffres, compilés par le dernier rapport de la société d’investissement Partech, font de l’écosystème des start-up en Afrique celui qui a la croissance la plus rapide au monde. En 2021 toujours, cinq licornes africaines – une start-up valorisée à plus d’un milliard de dollars, non cotée en Bourse – ont vu le jour, sur neuf au total, créées ces dernières années. D’après Partech, le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Égypte forment le podium des investissements. À elles seules, les start-up nigérianes ont par exemple levé 1,6 milliard d’euros, soit 34 % de l’ensemble des financements en Afrique.
Un dynamisme qui pousse chaque année de plus en plus d’entrepreneurs du monde entier à tenter leur chance sur le continent. En 2016, la société californienne Zipline choisit le Rwanda pour s’implanter en Afrique. Un accord signé avec Kigali donne alors le top départ des distributions par drones de poches de sang, vaccins et antibiotiques dans tout le pays. Les livraisons sont effectuées depuis le centre de distribution de Muhanga, à l’ouest de la capitale. Une aubaine pour la population et le secteur médical, sur un territoire où l’état des routes met à mal le transport de produits médicaux qui doivent être livrés dans l’urgence.
Dans le secteur de la fintech (les services financiers), la firme FairMoney, elle aussi, a parié sur l’Afrique. Ses fondateurs, Laurin Hainy, entrepreneur allemand d’origine nigériane, associé à Matthieu Gendreau et Nicolas Berthozat, rencontrés lors de ses études à Paris, se sont lancés en 2017 à Lagos, la capitale du Nigeria. Immédiatement, l’application – qui permet de contracter de petits prêts bancaires en quelques minutes grâce à un algorithme – rencontre un franc succès auprès des habitants, qui l’utilisent aussi pour régler leurs factures de téléphone et d’électricité. La ville est aujourd’hui le premier marché de FairMoney, parmi les autres territoires émergents où elle est installée, avec quelque 200 000 utilisateurs.
Emile Magazine