Le nombre de femmes entrepreneuses continue d’augmenter, mais lentement. C’est ce que révèle la Chaire BMO en diversité et gouvernance de l’Université de Montréal, dont l’objectif est de stimuler la réflexion autour des questions de diversité, d’égalité, d’inclusion et de gouvernance dans les organisations.
En 2020, les femmes représentaient près de 17 % des propriétaires majoritaires de PME au Canada, soit 1,5 % de plus qu’en 2011. Certes, les chiffres progressent, mais ils restent bas. Une tendance que le gouvernement du Canada cherche à accroître avec sa Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat, mise en place en 2018 et visant « à améliorer l’accès des entreprises dirigées par des femmes au financement, à des bassins de personnes talentueuses, à des réseaux et à l’expertise dont elles ont besoin pour démarrer, prendre de l’expansion et accéder à de nouveaux marchés ».
Le désir d’entreprendre
« 17 %, ce n’est pas assez ! Les femmes représentent la moitié de la population », déclare Tania Saba, titulaire de la Chaire BMO en diversité et gouvernance et professeure titulaire à l’École de relations industrielles de l’Université de Montréal.
Ce chiffre n’est cependant pas représentatif de la réalité. « Le potentiel de développement est énorme. Les études faites à partir de l’indice entrepreneurial du Québec montrent combien la désirabilité de se lancer en affaires est forte chez les femmes », explique Mme Saba. En effet, l’indice 2021 montre un taux d’intention quasi égal chez les hommes et chez les femmes.
En plus d’être autant attirées par l’entrepreneuriat que les hommes, les femmes représentent presque 38 % des travailleurs autonomes au Canada. « Cela veut dire que les femmes vont lancer leurs propres initiatives ou leurs propres projets professionnels, mais elles n’iront pas jusqu’à développer leur entreprise », détaille la fondatrice de la Chaire BMO.
Les femmes rencontrent des obstacles qui leur sont propres dans le processus d’entrepreneuriat et qui entretiennent cette tendance. Par exemple, elles vont plus souvent investir leur épargne personnelle dans leur projet, alors qu’un homme ira chercher du financement ailleurs, raconte Mme Saba. « Les femmes ont malheureusement intériorisé ces obstacles », déplore-t-elle.